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 Visite du Musée Nissim de Camondo

En ce 25 novembre, par une belle matinée ensoleillée, nous sommes 8 à nous retrouver dans la cour d'honneur de l'imposant hôtel particulier du 63, rue de Monceau, jouxtant le célèbre parc parisien du VIIIème arrondissement.

Commençons par l'histoire de la famille Camondo. D'origine juive, les Camondo furent chassés d'Espagne par l'inquisition déclenchée en 1492. Ils se sont d'abord installés à Venise, offrant alors un refuge pour de nombreux Israélites, puis au XVIIIème siècle à Constantinople, où ils vont devenir les banquiers des sultans de l'Empire Ottoman. A la fin du Second Empire, en 1869, les frères Camondo, Abraham et Nissim, ouvrent une succursale à Paris et font construire 2 hôtels particuliers mitoyens, rue de Monceau. A leur mort, en 1889, leurs fils, les cousins Isaac et Moïse, vont gérer leur fortune. Peu intéressés par la banque, ils sont en revanche de grands collectionneurs, amateurs d'art. Isaac, à sa mort en 1911, lèguera au Louvre plus d'une trentaine de toiles impressionnistes. De son côté Moïse va constituer tout au long de sa vie une remarquable collection de mobilier français du XVIIIème siècle. Ses deux enfants connaîtront une fin tragique. Son fils Nissim, s'étant enrôlé comme pilote d'avion pendant la première guerre mondiale, meurt dans un combat aérien en 1917, à l'âge de 25 ans. Moïse ne se remettra jamais de la mort de son fils et pour honorer sa mémoire il va léguer à l'Etat son hôtel particulier et toutes les collections qui auraient dû revenir à son fils, afin qu'à sa mort cet ensemble devienne le Musée Nissim de Camondo, qui sera créé en 1936. Quant à sa fille Béatrice, elle sera déportée avec son mari et leurs deux enfants en 1943 à Auschwitz, d'où ils ne reviendront pas. Ainsi s'est éteinte tragiquement la dynastie des Camondo.

Entrons à présent dans le musée. Une fois équipés, notre guide, une femme affable et cultivée, nous explique que l'hôtel particulier, dans lequel nous nous trouvons, a été entièrement reconstruit en 1912 à la demande de Moïse de Camondo, dans une architecture s'inspirant du Petit Trianon de Versailles, afin que dans cette somptueuse demeure il puisse mette en valeur ses collections, qui ne cesseront d'augmenter jusqu'à sa mort.     

 Elle souligne le fait que le propriétaire des lieux, tout en étant un homme passionné par les arts décoratifs du XVIIIème siècle, se veut en même temps à la pointe de la modernité. A titre d'exemple, tandis qu'un large escalier de pierre de taille à la rampe en fer forgé accueille le visiteur, l'hôtel possède également deux ascenseurs à air comprimé, gage de la dernière modernité. Et l'on verra au cours de notre visite à quel point Moïse de Camondo a voulu profiter de tous les progrès de son époque.

  

Au rez-de-chaussée, où 16 personnes travaillaient au service de la maison (cuisine, laverie, etc.), tout est fait pour assurer le bon fonctionnement et le confort quotidien, en essayant de diminuer la fatigue de chacun. La cuisine, carrelée du sol au plafond, est lavée tous les mois, afin d'assurer le maximum d'hygiène.

 C'est au premier étage, dans une succession de sept salons, que sont exposées les plus belles pièces des collections, que Moïse de Camondo a consacrées à la gloire du goût français du XVIIIème siècle. Et pour mieux profiter de toutes ces merveilles, il a fait installer des corniches lumineuses, qui éclairent les plafonds et mettent ainsi davantage en lumière l'ensemble de ce mobilier somptueux. Pour notre plus grand bonheur le musée réunit une collection unique de meubles rares, issus du riche patrimoine que l'ancienne aristocratie française mettait alors sur le marché. Pendant 50 ans, Moïse de Camondo a fréquenté assidûment les plus grands antiquaires parisiens. Pour ne pas se ruiner, notre guide nous a dit qu'il se fixait une somme annuelle à ne pas dépasser. Il lui est arrivé parfois de dépenser beaucoup plus, lorsqu'il avait le sentiment qu'il ne retrouverait jamais une pareille occasion.

       

 Le second étage, d'apparence plus dépouillée, rassemble les appartements privés de Moïse et de ses deux enfants, Nissim et Béatrice. Chaque appartement comprend quatre pièces : un salon, une chambre, une salle de bain et pour Moïse une bibliothèque, pour Nissim un fumoir, pour Béatrice un boudoir. Les vastes salles de bain entièrement carrelées de faïence et à la robinetterie de cuivre nickelé offrent tout le confort moderne de l'époque. Un chauffage à air filtré et pulsé est installé à tous étages. Car pour éviter que les œuvres d'art ne soient endommagées, les cheminées restent purement décoratives.

Au bout d'une heure et demie, nous avons quitté à regret le musée, éblouis par tant de beauté, mais en nous disant que nous y reviendrons certainement un jour.

Et pour compléter la visite, je vous recommande le livre de Pierre Assouline Le dernier des Camondo.

 Jacques Décréau