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Témoignage de Chloé

 

 

Mon premier souvenir concernant ma perte auditive remonte à mes 15 ans, en salle de classe au lycée à Paris. Un ami voulait me dire quelque chose, mais il a remarqué que je ne réagissais pas. Je me souviens m’être alors retournée vers lui, et là j’ai entendu : « Mais tu es sourde ou quoi ? »

À mon avis, la baisse auditive avait déjà commencé quelques années auparavant, mais je ne m’y étais pas trop sensibilisée. Cette phrase m’a un peu choquée et, m’a poussée à agir. 

J’ai alors consulté mon ORL pour faire un test auditif. J’avais perdu de l’audition à droite. Après quelques examens, il a suggéré d’opérer cette oreille. Je l’ai été en mars 2010, à 15 ans, d’une tympanoplastie. Je devais m’attendre à beaucoup mieux entendre. Mais j’ai perdu davantage d’audition, et je suis devenue quasi sourde de ce côté.

Je me souviens qu’au lycée, j’avais du mal à bien entendre aussi je me plaçais au premier rang. Je n’aimais pas porter mon appareil. Je me sentais triste par rapport à cette perte auditive, mais à mon jeune âge, j’arrivais à profiter de la vie et à compenser avec mon oreille gauche. Je suis partie à 18 ans pour des études universitaires à Montréal, au Québec. Il y a eu des moments difficiles lorsque je sociabilisais, car je n’osais pas faire répéter les personnes ni expliquer que je n’entendais pas bien. Mes études terminées, j’ai été salariée en ressources humaines à Montréal. En 2018, à 24 ans, alors que je travaillais dans un club de football professionnel, j’ai soudainement ressenti une baisse importante de mon audition à gauche (ma bonne oreille). J’ai consulté d’urgence une ORL. Après un audiogramme, elle m’a annoncé que mon audition avait chuté et m’a proposé un appareil auditif.

La nouvelle m’a vraiment bouleversée. J’ai pleuré toutes mes larmes. Je me sentais démunie,face à cette chute brutale sans cause identifiée, loin de ma famille. Je ne comprenais pas pourquoi cela m’arrivait. Pourquoi moi ? Pourquoi n’y avait-il pas d’autres solutions qu’un appareillage. Sachant qu’avant 2018, mon oreille gauche entendait très bien. J’ai décidé de revoir mon premier ORL en France afin de passer des examens, mais aucune cause n’a été trouvée. Cela m’a beaucoup attristée, mais j’ai pris sur moi. J’ai ensuite décidé de rentrer en France en septembre 2019, à 25 ans, afin d’obtenir un MBA (Master of Business Administration) en communication événementielle. J’étais très enthousiaste et heureuse de ce nouveau départ.

Cependant, une nouvelle chute brutale d’audition à l’oreille gauche a eu lieu avant de commencer ce MBA, je n’entendais presque plus rien. C’était très difficile à vivre : je me sentais très seule et inquiète par rapport à mon avenir professionnel et personnel. Je redoutais de commencer ce master dans ces conditions. Je suis allée aux urgences ORL de l’hôpital Lariboisière. Heureusement, j’ai rencontré mon ORL, qui m’a prescrit des corticoïdes. Après quelques mois, j’ai récupéré l’audition perdue en septembre 2019, mais pas celle que j’avais perdue à Montréal. Finalement, les nombreux examens réalisés à Lariboisière ont permis de trouver la cause de ma perte auditive. C’était, un soulagement de savoir ce que j’avais : une labyrinthite à l’oreille droite et un hydrops périlymphatique à l’oreille gauche. Selon l’ORL, il n’y a jamais eu d’otospongiose ni de raison de m’opérer à mon jeune âge. J’ai également pu changer d’appareils auditifs, ce qui m’a permis de mieux entendre. J’ai tout de même réussi à valider mon diplôme en m’accrochant en dépit de la pandémie et de ma perte auditive.

Pendant quelques années, j’ai avancé dans l’acceptation de ma surdité: en en parlant davantage, en m’isolant moins, et en m’intéressant à des personnes vivant des situations similaires, notamment à la Fondation pour l’audition, ou encore en lisant un livre de Virginie Delalande, première avocate sourde de France, qui m’a inspirée.

De 28 à 30 ans, j’ai travaillé en ressources humaines pour le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, où j’ai accueilli des milliers de salariés entre 2022 et 2024. Cette expérience m’a fait grandir dans ma manière de communiquer sur mon handicap et de l’accepter comme une différence faisant pleinement partie de mon humanité. J’ai compris que j’avais ma place dans le monde du travail, comme tout le monde, y compris dans un métier de communicante.

Après cette période, je me suis rendu compte que j’étais épuisée de compenser avec mon oreille gauche. Je me suis dit qu’avec toutes ces chutes d’audition, il était temps de me renseigner sur l’implant cochléaire. Après m’être informée et avoir échangé avec deux dames implantées, qui m’ont beaucoup rassurée, j’ai décidé de franchir le pas.  C’est en janvier 2025, à 30 ans, que j’ai été opérée par le Dr Mamelle à la Fondation Rothschild. Cela s’est très bien passée. Les présences de ma mère et de mon compagnon m’ont beaucoup rassuré. Lors des premiers réglages, j’entendais des sons qui me semblaient lointains et non intelligibles. Cela me paraissait étrange. Cependant, j’avais compris qu’il fallait de la patience et que mon cerveau allait progressivement s’adapter, sachant que l’oreille droite n’avait pas entendu depuis 15 ans. À cette période, je ne travaillais pas, ce qui m’a permis de faire une rééducation auditive régulière et de prendre soin de moi. 

En 2026, à 32 ans, j’entends beaucoup mieux qu’avant. Bien sûr, la perte auditive est toujours là, et certaines situations restent compliquées (conversations de groupe, téléphone, environnements bruyants…). Je ressens aussi depuis longtemps le besoin d’aider d’autres personnes ayant une perte auditive, un sujet qui me tient énormément à cœur. Je pense avoir parcouru beaucoup de chemin, et j’aimerais continuer à le faire, entourée de personnes comme moi. C’est la raison pour laquelle je suis bénévole à l’ANIC depuis peu.

Et cela est un vrai rayon de soleil dans ma vie ! 

Enfin, je tiens à remercier les formidables orthophonistes pour le chemin parcouru avec elles : elles ont fait une vraie différence par leur humanité, écoute, patience et les progrès que j’ai pu faire tout au long de ma rééducation auditive.

Chloé McKendry-Cadiou