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Lever les barrières

Je suis née entendante. Au cours de l'hiver 1948/49, petitoune de quelques mois, je devins fiévreuse suite à un encombrement bronchique. Ma génitrice, atteinte de légers troubles mentaux occultés par sa beauté solaire, crut bon d'ouvrir une fenêtre et de me tenir ainsi dans le vide afin de faire baisser ma température. Récupérée in extrémis par mon père et ma grand-mère, mon état fiévreux s'emballa. Le médecin convoqué en toute hâte m'administra un traitement : aspirine et antibiotique, au risque duquel, le praticien confia à mon géniteur, la crainte d'effets néfastes sur mon audition.

Au fil des années qui s'ensuivirent, mes cellules auditives s'éteignirent vers le silence telle une peau de chagrin allant en crescendo avec un fort sentiment de rébellion. Cette surdité subie sans la moindre aide orthophonique et parentale ne devait guère empiéter sur le cheminement de mes jours malgré les barrières sociétales qu'elle engendrait.

    Dès mes premières années à l’école primaire, ma grand-mère avait alerté les institutrices les priant de me placer au premier rang de la classe pour que je puisse les entendre. Mes notes en dictée s’avéraient déplorables avec des vides correspondant à des mots inaudibles, non entendus. Mais rien ne se passait pour m’aider à suivre les cours. Sans le savoir, je lisais sur les lèvres afin de comprendre les paroles de l’enseignante. De ce fait, j’étais affublée de ce sobriquet ‘fait semblant d’entendre’ sur mes bulletins scolaires.

Aussi je pris conscience des méfaits de cette surdité subie sans la moindre aide orthophonique ni parentale réalisant qu’elle allait fatalement amener certaines barrières sociétales. Poursuite d’études supérieures vers une activité professionnelle choisie par exemple.

Pour mon entrée en 6ème, je reçus un contour d’oreille côté droit à l’aide duquel je pus suivre les cours tant bien que mal jusqu’à l’obtention du certificat de fin d’études secondaires, équivalent au baccalauréat. Pour débuter dans ma vie professionnelle, je choisis deux métiers ‘d’entendante’ en prenant soin de ne point dévoiler mes difficultés d’audition. Mal m’en prit ! Au cours de la visite médicale obligatoire, mon subterfuge fut découvert et je fus licenciée.

Alors, je m'imposais de lever ces barrières par une série de challenges. Le défi de la Vie n'est-il point de renaître ? Il faut toujours aller de l’avant !

 

Je me mis en quête de nouveaux challenges dans le domaine sportif dont le dernier aboutit au titre de ‘Championne d’Ile de France de natation Handisport’.   

En 2007, je fus implantée de la première oreille, la seconde implantation suivant en 2011. L'implant cochléaire est une magnifique renaissance. Un atout considérable face à l'adversité. Une baguette magique qui permet de lever les barrières, de renaître.

      
      
 Le dernier et récent challenge concerne le chant lyrique. Grâce à mes implants et à une professeure de chant, j’ai puisé dans les tréfonds de mon existence ma voix de mezzo éteinte avec le temps. Lorsque j'étais haute comme trois pommes, je vocalisais et chantais des airs d'Opéra accompagnée au piano par mon arrière-grand-mère maternelle issue d'une lignée de ténors et sopranos, Juliette Simon-Girard et Simon Max, lesquels foulaient les planches parisiennes au cours du XIXème siècle. Lorsqu'elle disparut presque centenaire, ma bisaïeule emporta avec elle, le parfum suranné, les derniers vestiges d'une époque à jamais révolue... Et moi, avec mes appareils auditifs, je chantais si faux que l'on me disait de me taire ! L'implant me permet d'entendre si je détonne. L'implant m'a offert le défi de vouloir et de réussir à chanter "La Périchole" qu'a créée ma trisaïeule Juliette Simon-Girard.

La barrière est levée ! L'implant cochléaire, c'est la Vie ! Avec bonheur...

 

Frédérique Granier

(Frédérique a publié "Bien des choses de ma part" Editions Christian et  "L'autre Oreille, l'autre Ecoute" aux Editions Publibook)